Traitements nutritionnels

Traitements nutritionnels
  • La fragilité : « un état … potentiellement réversible »

    Nous avons vu que la fragilité est multifactorielle. Alors qu’il est difficile d’agir sur certains facteurs tels que les maladies chroniques (diabète, insuffisance rénale…), il est possible d’agir sur d’autres éléments comme, par exemple, l’état nutritionnel et le fonctionnement physique. Une fois le diagnostic de la fragilité établi et ses causes clairement identifiées, les professionnels de santé prennent donc en charge les facteurs de la fragilité qui peuvent l’être par des interventions appropriées.

  • Une prise en charge personnalisée :

    A l’issue du diagnostic établi avec un(e) gériatre, un(e) diététicien(ne), ou un éducateur physique, un plan d’action personnalisé sera mis en place pour améliorer l’état de santé des patients comprenant si besoin des recommandations nutritionnelles, un programme d’activités physiques adapté.

    Dans la prise en charge de la fragilité quatre interventions semblent avoir une efficacité 1 :

    • L’exercice physique (exercices de résistance et d’endurance)
    • Un enrichissement de l’alimentation en protéines et en énergie, ou complémentation nutritionnelle
    • Une supplémentation en vitamine D, suivant les besoins
    • Une diminution – si possible, et sous contrôle médical - du nombre des traitements médicamenteux
  • Le cas des personnes âgées fragiles et dénutries

    Un des modes d’entrée dans la spirale de la fragilité est une dénutrition chronique. Ainsi, près d’une personne fragile sur deux est à risque de dénutrition ou déjà dénutrie 2. Pour ces personnes, il est donc d’autant plus nécessaire de suivre les recommandations en matière de complémentation nutritionnelle.

  • ➩ Pour les personnes âgées dénutries, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande 3 :

    • De débuter prioritairement la prise en charge nutritionnelle par des conseils nutritionnels et/ou une alimentation enrichie, si possible en collaboration avec une diététicienne.
    • D’augmenter les apports alimentaires en :
      • respectant les repères du Programme National Nutrition Santé ;
      • augmentant la fréquence des prises alimentaires dans la journée, en fractionnant les repas, en s’assurant que la personne âgée consomme trois repas quotidiens et en proposant des collations entre les repas ;
      • évitant une période de jeûne nocturne trop longue (> 12 heures), en retardant l’horaire du dîner, en avançant l’horaire du petit déjeuner et/ou en proposant une collation avant le coucher ;
      • privilégiant des produits riches en énergie et/ou en protéines ;
      • adaptant les menus aux goûts de la personne, la texture des aliments à ses capacités de mastication et de déglutition.

  • Enrichissement de l’alimentation et complémentation nutritionnelle : quelles solutions ?

    Par définition, une alimentation enrichie a pour objectif d’augmenter l’apport énergétique et protéique d’une ration sans en augmenter le volume. Pour atteindre cet objectif tout en respectant les recommandations de l’HAS, les professionnels de santé peuvent enrichir l’alimentation traditionnelle de leurs patients avec différents produits tels que de la poudre de lait, du lait concentré entier, du fromage râpé, des œufs, de la crème fraîche, du beurre fondu, de l’huile ou des poudres de protéines industrielles.

    Si malgré l’enrichissement de l’alimentation, les apports énergétiques et/ou protéiques se révèlent insuffisants 4 (par exemple si la personne âgée ne reprend pas assez de poids ou si ses apports alimentaires spontanés restent faibles(3)), les professionnels de santé pourront envisager une complémentation nutritionnelle orale (CNO). Ces produits, riches en calories, en protéines et en certains micronutriments, permettent de pallier de manière temporaire un apport alimentaire insuffisant 5.

    Lors d’une prise en charge nutritionnelle, l’HAS conseille la prescription de produits hyperénergétiques (≥ 1,5 kcal/ml ou g) et/ou hyperprotidiques (protéines ≥ 7,0 g/100 ml ou 100 g) pour atteindre un apport alimentaire supplémentaire de 400 kcal/jour et/ou de 30 g de protéines /jour.

    Pour répondre aux différents besoins et exigences des patients, il existe des compléments nutritionnels oraux aux goûts et aux textures variés (salés, sucrés, texture liquide, crèmes, etc.) et plusieurs types de produits sont disponibles : desserts lactés, potages, repas complets, jus de fruits, etc.

    Vous trouverez toute la gamme NUTRICIA Nutrition Clinique de nutrition orale et entérale dans la catégorie Nos produits.

    Vous pouvez également consulter Le guide nutrition pour les aidants des personnes âgées, rédigé par l’INPES***, qui regroupe de nombreuses informations, conseils et astuces pour accompagner les personnes âgées dénutries au quotidien.

1 Morley et al. Frailty Consensus: A Call to Action JAMDA 2013;14:392-7

2 Subra et al. Intégrer le concept de fragilité dans la pratique clinique : l’expérience du Gérontopôle à travers la plateforme d’évaluation des fragilités et de prévention de la dépendance. Cah Année Gérontol 2012;4:269-78

3 Stratégie de prise en charge en cas de dénutrition protéino-énergétique chez la personne âgée – Synthèse des recommandations professionnelles – HAS (2007)

4 Apport recommandé en protéines pour les personnes âgées dénutries : de 1,2 à 1,5 g/kg/jour

5 Guide pratique dénutrition - CNO. Quel nouveau cadre de prescription ? – SFNEP - 2012