Prendre en charge la dénutrition

Prendre en charge la dénutrition

La prise en charge de la dénutrition doit débuter préférentiellement par des conseils nutritionnels et/ou l’enrichissement de l’alimentation traditionnelle.

Pour assurer la couverture de ses besoins nutritionnels, établis selon le PNNS*(1) personne en bonne santé doit consommer au quotidien :

  • Pour une femme : entre 1800 et 2600 kcal par jour
  • Pour un homme : entre 2250 et 3400 kcal par jour

Ce qui équivaut à un besoin en calories et protéines :

Les sujets dénutris ont des besoins accrus et c’est pourquoi, chez un sujet âgé dénutri, chez un sujet âgé dénutri, la HAS** recommande(2) un apport supérieur :

  • de 30 à 40 kcal/kg de poids/jour
  • de 1,2 à 1,5 g de protéines/kg de poids/jour

 

Si un enrichissement de l’alimentation traditionnelle n’est pas suffisant, les professionnels de santé peuvent recourir à la nutrition médicale(2)

Pour choisir le mode de prise en charge nutritionnel le plus adapté au patient, les professionnels de santé se basent sur les critères suivants :

  • Le statut nutritionnel de la personne âgée
  • Le niveau des apports alimentaires énergétiques et protéiques spontanés
  • La sévérité de la (des) pathologie(s) sous-jacente(s)
  • Les handicaps associés ainsi que leur évolution prévisible
  • L’avis du malade et/ou de son entourage ainsi que les considérations éthiques

 

En général :

  • L’alimentation par voie orale est recommandée en première intention sauf en cas de contre-indication.
  • La nutrition entérale (NE), ou par sonde, est envisagée si la complémentation orale est insuffisante ou impossible.
  • Quant à la nutrition parentérale, elle n’est envisagée que dans 3 situations :
    • les malabsorptions sévères anatomiques ou fonctionnelles,
    • les occlusions intestinales aigues ou chroniques,
    • la mauvaise tolérance à une nutrition entérale bien conduite.

Dans tous les cas, la stratégie et les modalités de prise en charge nutritionnelle d’une personne âgée sont établies par un professionnel de santé. Il est d’ailleurs important que le suivi de cette prise en charge soit coordonné entre le domicile et l’établissement de santé concerné (hôpital, institution…). De nombreux professionnels sont donc impliqués dans chacun de ces environnements :

À domicile :

  • Aides individuelles : aide de l’entourage, aide-ménagère…
  • Structures ayant un rôle de mise en place des dispositifs, de coordination et d’information :
    • Les réseaux de soins, dont les réseaux gérontologiques
    • Les centres communaux d’action sociale (CCAS)
    • Les centres locaux d’information et de coordination (CLIC)
    • Les services sociaux
  • Pour la prise en charge financière de ces aides :
    • L’allocation personnalisée d’autonomie (APA)
    • L’aide sociale départementale
    • L’aide des caisses de retraite et certaines mutuelles

 

En institution :

  • Prise en charge multidisciplinaire sous la responsabilité du médecin coordinateur

 

À l’hôpital :
Pour améliorer la prise en charge nutritionnelle et veiller à la qualité de la prestation alimentation-nutrition :

  • Les professionnels de santé (médecins, infirmiers, aides-soignants, diététiciens)
  • Le comité de liaison alimentation et nutrition (CLAN)
  • La création dans les hôpitaux d’unités transversales de nutrition (UTN)

 

Retrouvez des conseils nutritionnels ainsi que des explications sur l’enrichissement de l’alimentation ici.

 

Vous pouvez également consulter Le guide nutrition pour les aidants des personnes âgées, rédigé par l’INPES*** , qui regroupe de nombreuses informations, conseils et astuces pour accompagner les personnes âgées dénutries au quotidien.

*PNNS : Le Programme National Nutrition Santé

**HAS : Haute Autorité de Santé

***INPES : Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé

(1)Questions de Nutrition Clinique de l’adule SFNEP édition 2012

(2)Source : HAS - SYNTHÈSE DES RECOMMANDATIONS PROFESSIONNELLES (2007) - Stratégie de prise en charge en cas de la dénutrition protéino-énergétique chez la personne âgée